Impression 3D : une démocratisation difficile

L’impression 3D devait selon les experts complètement modifier le secteur industriel et par conséquent le prototypage. La presse annonçait que cette technologie se développerait rapidement dans l’industrie et serait incontournable chez les particuliers dès l’année 2015. Cette démocratisation auprès du grand public était censée révolutionner le monde industriel.

Pourquoi l’impression 3D n’a pas connu la démocratisation qui lui était prédite ? 

Cette méthode était supposée  être assez flexible et complète pour permettre à tous de l’utiliser. Effectivement, les machines d’impression 3D sont présentes dans les bureaux d’études (BE) et les usines. Cependant, ce n’est pas la révolution annoncée, notamment chez les particuliers. Aujourd’hui, elle est absente de la majorité des domiciles. Quels sont les impacts dans le prototypage rapide ?

Certes, il s’agit dans une certaine mesure d’une révolution. Tout d’abord, l’impression 3D a démocratisé auprès des industriels un certain type de prototypes. En effet, elle permet généralement de fabriquer des pièces peu contraignantes techniquement ou visuellement. Ensuite, elle se substitue au frittage de poudre et à la stéréolithographie. Ces derniers deviennent progressivement obsolètes. Pour finir, elle permet de réaliser des formes non usinables en CNC. Cependant, elle n’a pas remplacé les techniques traditionnelles de prototypage rapide, usinage CNC et coulée sous vide. Quelles en sont les causes ?

L’usinage CNC et la coulée sous vide restent performants face à l’impression 3D

  • Rapport qualité-prix : les machines d’impression 3d permettent de créer un nombre réduit de pièces. En effet, très peu d’applications et de normes pourtant fréquemment utilisées dans le prototypage sont atteignables en impression 3D. Ainsi, les machines peuvent être utilisées à domicile ou dans les locaux d’entreprises mais dans une certaine limite. Le rapport qualité-prix impacte négativement la faisabilité du prototypage chez soi ou dans un bureau de façon rentable.
  • Matériel encombrant : la taille importante des machines professionnelles décourage fortement leur utilisation au bureau et à domicile.
  • Difficulté d’utilisation : l’opération des machines et des logiciels requiert idéalement un apprentissage de plusieurs semaines auprès de techniciens.
  • Temps de fabrication : lorsque les quantités dépassent les 2 exemplaires, le temps de fabrication est généralement plus long que les techniques traditionnelles de prototypage rapide, usinage CNC et coulée sous vide.
  • Pièces obtenues: les prototypes réalisés répondent à de faibles demandes fonctionnelles et visuelles. L’impression 3D n’est pas pertinente pour des prototypes ayant de fortes contraintes techniques.

En dépit de ses atouts face à la stéréolithographie et au frittage de poudre, l’impression 3D reste donc peu pertinente dans le secteur du prototypage rapide. En effet, les prototypistes utilisent généralement d’autres technologies, notamment  pour réaliser des pièces complexes. L’impression 3D ne permet pas d’atteindre la qualité de pièces des techniques traditionnelles de prototypage, ralentissant sa démocratisation. L’usinage CNC et la coulée sous vide sont beaucoup plus avantageuses. Dès lors, l’impression 3D ne s’est développée que modérément chez les acteurs ayant des besoins en prototypage.

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